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 à la dérive. (sun)

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Jaz Sangster

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MessageSujet: à la dérive. (sun)   Sam 14 Avr - 23:18

ça tourne en boucle dans ta tête, ça t'rend dingue. ça tourne en boucle, ça t'fait frissonner, ça t'tord le bide. parc'que tu t'en remets pas, depuis c'matin-là, jaz. parc'que cette fois-là a été plus douloureuse qu'toutes les autres, parc'que t'as eu l'impression qu'on t'déchirait en mille, qu'ça fait comme une plaie béante dans ta poitrine. mais jaz, tu t'es dit qu'c'était mieux comme ça, les premiers jours, entre celui où tu as envoyé bouler sun et celui d'aujourd'hui. sauf que ça flanche, encore, dans ta tête. tout qui part en vrille, tout qui t'tord un peu plus l'palpitant. merde. c'soir, tu craques. alors qu'tu sors du boulot, tu craques. tu réfléchis pas. au diable les bonnes résolutions. au diable les promesses en carton.

ça s'répète. j'pense qu'on est quand même mieux quand on reste tous les deux. assurément, il avait raison. parc'que ça fait un mal de chien, sangster, on va pas s'mentir. j'tiens à toi aussi sombre connard. ça t'rend fêlé, tu tremblerais presque sur place. pauvre lâche. ça tourne, ça recommence, ça continue. ça n's'arrête pas. jaz, t'as l'impression d'être en plein délire, quand tu t'assois sur c'tabouret, qu'tu craques, qu'le barman t'accueille un sourire aux lèvres et qu'sur un ton des plus froids tu demandes la même chose que d'habitude, qu'tu lui accordes pas un regard. c'est l'brouillard dans ta tête, c'est la douleur, là, dans ta cage thoracique. t'aurais dû t'excuser, mais tu sais pas faire, toi, mettre ta fierté d'côté, ça équivaut à t'rabaisser, ça équivaut à t'mettre à nu, à baisser toutes les barrières comme la dernière fois.

à t'ouvrir à toute blessure.
à t'mettre à découvert.


jaz, les verres défilent à mesure qu't'as plus les idées claires, qu't'as les idées qui s'embrouillent, ta main qui s'fourre dans la poche de ton jean pour en sortir son bracelet, le bracelet qu'tu dois lui rendre, qu'tu t'es promis d'lui rendre, en personne, en face à face et non pas par l'biais d'une putain de boîte aux lettres. tu veux l'voir, y a une part de toi qui veut s'rattraper. mais tu sais ni comment faire ni c'est une bonne idée. si t'avais su. si t'avais su répondre présent la dernière fois, ça n'serait pas comme ça, c'est une évidence. tout s'rait différent, peut-être qu'ça irait bien, p't'être qu'vous auriez réussi, p't'être qu'il aurait réussi à surmonter ses doutes, p't'être que t'aurais réussi à surpasser tes peurs, à les mettre de côté. si t'avais su, si t'avais su sauver la situation au lieu d'la laisser filer.

il est tard, gamin. il est tard quand tu décides d'te lever de ton tabouret, qu'tu balances un billet au barman sans t'retourner, qu'tu retrouves la rue, l'air froid qui t'mord les joues, l'regard vague, l'esprit embrumé. ça tangue, un peu, ça tourne, aussi. mais t'as l'habitude, jaz. parc'qu'il est là, ton problème, encore une fois, l'vice caché, celui qu'tu n'dévoiles pas, celui qui t'bousille un peu plus depuis le départ de shae. et tu trébuches, pauvre andouille, t'rattrapant au premier truc possible, sans prêter attention à qui, ou à quoi, à moitié tremblant, laissant tomber au sol la dose de nicotine à peine sortie de ton paquet. et merde !
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Sun Dalorri

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MessageSujet: Re: à la dérive. (sun)   Sam 14 Avr - 23:47

à la dérive


La semaine a été merdique. Sun a même fait la vaisselle pour s'occuper l'esprit. C'est presque comme à chaque fois qu'ils se recroisent. Ca fait mal il se sent seul. Il a l'habitude d'être seul. Seulement cette fois il sait qu'il pourrait pas l'être. Ca l'emmerde parce qu'il a vraiment donné de sa personne. Il a pris sur lui. Sauf que comme prévu, Jaz s'en est moqué, Jaz s'st foutu de sa gueule, Jaz il a pris ce qu'il ressentait par dessus l'épaule pour bien le foutre dehors. Encore. Ce grand con de Sangster qui l'a foutu à la porte sans même essayer. Sun il a pas pleuré. Sun il a rien dit. Il est rentré, il a claqué des portes, il a parlé avec Anja. Il a fait du ménage dans l'appart pour s'occuper l'esprit. Il a pensé à autre chose. Il tourne déjà la page parce qu'il sait, il en est persuadé qu'il y aura une prochaine fois. Il y en a toujours une. Elles sont merdiques leurs rencontres : il le sait. Il prend sur lui, il doit se reconcentrer pour voir venir la suivante, pour être fort. Parce que la dernière l'a bien foutu par terre. Elle a été violente et elle a laissé un goût amer de déception. Alors Sun il sort pour s'occuper quand y a plus de vaisselle à faire et que le linge de toute la coloc est propre. Parce que Sun il est plus fort que ça. Il tient bon. Il est beaucoup plus puissant que tout ce bordel. Il a vécu plus dur que ça.

Il a un bandage autour du bras gauche. Il a refait le tatouage qui porte le nom de son frère. Pour ne pas oublier qu'il est seul et que toutes les personnes qui ont compté l'ont laissé tomber. Pour continuer à espérer que ceux de la coloc vont rester parce que c'est un miracle que leur groupe tienne debout. Il a mal Sun il a pas encore compris que cette matinée, ce bref échange devant une cafetière ça lui a fait du mal. Il essaie de pas trop y penser, il veut pas, il pense à autre chose. Il fait des dessins, il couche un peu par ci par là avec d'autres, mais ça marche pas, il retrouve pas le goût spécifique de la mer qu'il sent avec Jasper. Ca l'emmerde.

Ce soir il rentre tôt. Il est à peine une heure. Il a été en boîte comme d'habitude, il a vendu à plein tarif à des gens, il avait lui même pesé les sachets à vingt neuf grammes. Il rentre seul, sobre pour une fois, parce qu'il est tôt mais qu'il avait pas envie de rester. Minuit c'est les groupes qui arrivent qui viennent d'apéro, les couples qui dansent, les couples qui se forment. Et ce soir ça te déprime. Alors il rentre, en traînant un peu les pieds. Il marche en pensant, ses pensées filent et tourbillonnent vers ce moment sur la plage puis à celui devant la cafetière et puis y a Jaz qui tombe devant lui, sur lui, littéralement, il essaie de se rattraper, sauf que ça foire et ils sont tous les deux par terre. Sun tombe, s'écorche un peu contre le bitume, il geint. Il regarde le visage de l'autre, essaye de le repousser. "Putain mais tu m'auras tout fait toi j'te jure ! Lève toi !" Ca l'a un peu griffé. Il se relève et aide l'autre à se remettre sur ses pieds. Il renifle. L'autre sent l'alcool, encore. Il soupire. Une plaie ce type. "Qu'est ce que tu viens foutre par là, et torché en prime ? Toujours pas compris que l'alcool ça peut tuer des gens ?" Oops. C'est sorti tout seul. Il serre les gens. Le soutient. "Désolé. Viens là." Il y a un banc, parfait. Ils s’assoient l'un à coté de l'autre, Sun regarde si y a pas de sang qui coule. Il s'inquiète. Lui ça fait un peu mal vers son poignet, rien de grave, juste un peu écorché. Jaz est chaud.

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Jaz Sangster

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MessageSujet: Re: à la dérive. (sun)   Dim 15 Avr - 0:16

cette soirée, elle a un goût amer, un goût amer de déjà-vu, d'une routine installée qui devrait pas l'être. elle t'montre à quel point t'es tombé plus bas que terre, elle t'fait sentir insignifiant, inutile, fragile. tu détestes ça. jaz, l'alcool dans les veines t'fait délirer, il t'fait perdre les pédales. comme d'habitude. dans un état pas possible qu'tu t'retrouves. minable. les mots qui reviennent néanmoins. les mots qui s'mélangent, qui forment des phrases qui n'ont rien d'logique. ça empêche pas d'remuer l'couteau dans la plaie, ça empêche pas qu'ça t'fait péter un plomb, à toi, la main encore écorchée par l'un d'tes nombreux câbles qui ont sauté cette semaine. jaz, t'es stupide. c'est triste d'se rendre compte que t'en es arrivé là, que t'as sombré à c'point-là. c'est triste d'voir à quel point tu détruis ta vie alors qu'il t'reste bien des années devant toi pour tenter d'être heureux, d'recréer un semblant d'vie correcte. mais t'en veux pas, toi, tu considères qu'tout est foutu, qu'tout est bon à jeter à la poubelle et pourquoi pas toi avec. l'alcool qui est d'abord devenue une échappatoire puis un cauchemard. ça a commencé par un verre, en sortant du boulot. mais il s'en est suivi de deux, trois, quatre et ensuite ? t'as cessé de compter, t'as perdu ta capacité à t'montrer raisonnable. l'as-tu été un jour, pauvre con ? c'est même pas garanti. dernièrement, ça fait qu'remuer c'qui t'fait mal, dans l'crâne, ça fait que remuer la merde.

ça t'rappelle tes erreurs, ça t'rappelle qu't'es pas bien doué dans la vie. ça t'rappelle toutes tes tentatives échouées la semaine dernière, à t'persuader qu'tout allait bien, à essayer, à vouloir y croire. mais ça marche pas. la chute a été fatale, la chute a été brutale. pas prévue, pas écrite. elle laisse des marques, bénignes. des marques qui s'effacent pas, tes prunelles bleues pleines du tourment qui t'habite, gamin, dans la rue, qui regarde pas où il va, gamin jamais doué dans la vie qui finit par chuter, encore une fois. pour de vrai, cette fois. t'as eu l'réflexe de t'rattraper sur les mains, celle qui a subi l'choc de ton excès d'colère dans le mur s'est réouverte mais pour toi c'est sans importance, ton genou qui en a encore pris un coup mais qu'importe, la douleur physique n'est que de passage. tu reprends ta respiration, t'as eu la trouille, un peu. et y a cette voix, et toi qui n'y crois pas. ça peut pas être possible.

mais si. parc'que d'un coup, ton regard surpris s'pose sur sun, parterre, sun sur qui t'es tombé, à pic, ça c'est l'moins qu'on puisse dire. et aussitôt, tu t'redresses, bancale, pas bien stable, tu t'tiens au mur. parc'que s'taper la honte une fois, ça suffit. sun.. qu'tu souffles, un peu désorienté. t'es pas sûr d'tout comprendre, jusqu'à qu'il reprenne la parole, qu'ça t'frappe, un peu plus, qu'le nom d'shae écorche tes lèvres, ton palpitant, ton regard qui croise le sol, la culpabilité qui règne en maître. j'ai pas tant bu qu'ça. qu'tu tentes, sombre menteur, manipulateur, qu'tu es, tandis qu'il t'attire sur un banc, qu'tu t'assois sans poser de question. toi aussi, tu crois que j'l'ai tué ? ça vient, comme ça, jaz, éternel abruti qui saute du coq à l'âne. ta main est déjà dans ta poche pendant qu'tu attrapes l'un de ses poignets de l'autre pour y accrocher le bracelet précieusement gardé depuis ce matin-là. j'ai pas oublié.
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Sun Dalorri

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MessageSujet: Re: à la dérive. (sun)   Dim 15 Avr - 0:38

à la dérive


Ca l'emmerde la vérité. Il aurait du rentrer direct, le laisser sur ce banc. Le truc c'est qu'il peut pas, il a déjà trop mal, ils ont trop mal tous les deux. Jaz plus encore que lui. Il l'aide à se tenir debout parce qu'il en a clairement besoin. Il fait pas ça avec n'importe qui le gamin quand même. Les mots sortent de sa bouche parce qu'il a oublié, il a presque complètement zappé l'existence de Shae. Il le connaissait pas, presque pas, il sait qu'il pouvait pas l'encadrer parce que Jaz et lui étaient en train déjà de se détruire. Il sait. Il savait. Il est venu à l'enterrement. Pour que dalle, vu la repoussée qu'il s'est déjà prise. Il s'était déjà éloigné. Jaz était parti trop loin. Il sait qu'il s'en veut et maintenant Sun s'en veut aussi. Il a la souffrance en horreur, il déteste que les gens souffrent, surtout Jaz. Parce qu'il mérite clairement mieux que tout ce bordel qu'il y a entre eux déjà et mieux que toute ces merdes qui lui sont tombées dessus. Il l'aide, essaye de pas penser à ce qu'il est en train de faire, le relève, le remet droit, en place, correct. Il essaie. Il s'en veut déjà des mots qui sont sortis de sa bouche. Il soupire, arrange ses cheveux.

Il soupire contre lui et Jaz attire son poignet. Pour y remettre le bracelet. C'est un truc en toc, ça vaut que dalle, il croit même qu'il l'a piqué. Il serre les dents. Il s'en fout de ce truc c'est pas le bracelet qu'il veut. Il fronçe les sourcils. "Mais ... Jaz t'étais ... t'es vraiment ... t'es juste venu pour ça sérieux ? Jaz ... merci mais ... Laisse tomber." Il tire, récupère son poignet. Il cedera pas cette fois, il se l'est promis, bracelet ou pas. Il serre les dents. Il est fort. A la place il le fixe dans les yeux. "Bien sûr que si t'as bien trop bu. Et tu le sais, p'tit con." Il pose sa main sur son épaule et lui relève les yeux pour qu'ils se fixent. "Bien sûr que non, tu ne l'as pas tué. Combien de fois je vais devoir te dire que c'était un putain d'accident ?" Une de plus visiblement. Il soupire. Et rajoute : "Tu sais qu'il aimerait pas te voir dans cet état." Il se permet Sun. Il se permet tout, il voit la souffrance. Il voit que Jaz n'est pas bien. Alors il parle, il veut lui faire comprendre. Il tape son épaule. "Est ce que tu te sens bien Jaz ? Et réponds franchement s'te plaît. Ca m'évitera de m'inquiéter cette nuit." Il a pas le droit. De parler au nom de Shae. De s'inquiéter. Il n'est plus rien pour Jaz. Mais vu que le problème vient de lui tomber dessus, il se sent obligé.

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Jaz Sangster

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MessageSujet: Re: à la dérive. (sun)   Dim 15 Avr - 1:22

ça se bouscule, dans ta tête. pourquoi il est là ? pourquoi il part pas ? pourquoi il t'laisse pas à ta propre destruction finir c'que t'as commencé ? t'es là, il est là, et jaz, t'as envie d'lui dire, toi, qu'ça va pas, qu't'as mal, qu'tu sais qu'il a mal aussi. mais putain que ça fait peur, d'être là, face à lui et de n'pas savoir quoi articuler, quoi dire. parce que tu le sais, jasper, tu as merdé, tu as atteint les limites au moment même où lui se dévoilait réellement à toi, très certainement pour la première fois. t'as commencé à tout foutre en l'air dès lors qu'shae est parti, dès lors qu'l'accident a eu lieu. parc'que t'as voulu te venger, t'as voulu le détester, sauf qu'il faut s'rendre à l'évidence, l'attachement qu'tu lui voues, ça dépasse bien plus qu'ça. jaz, ça fait mal, la sensation d'un trou béant. pourquoi il t'aide ? pourquoi il continue ?

son poignet entre tes mains, tes doigts qui effleurent sa peau alors que tu joins c'fichu bout de ferraille. ça vaut sans doute rien, mais peu importe. parc'que ça te donne une raison de passer quelques minutes avec lui, quelques minutes qui t'écorcheront un peu plus mais encore une fois : merde, tu t'en tapes. tu secoues la tête à ses paroles. j'voulais pas qu'tu partes. c'était des conneries, sun. t'as la voix érraillée, t'en as rien à caler. il te fixe. tu l'sais, tu l'sens. parce que sun, il a cette façon d'poser les yeux sur toi qu'personne n'a, cette façon qu'tu reconnais entre mille, bourré ou pas. sun, il a cette place qu'on n'lui retirera pas. cette place particulière qu'tu t'affaires pourtant à renier, à oublier, mettre d'côté. huit. c'est rien, huit. qu't'essaies de défendre, dans un enfantillage puéril de bas-étage. il t'parle de l'accident, tes yeux dans les siens, tu sens ta gorge se serrer, mais tu craqueras pas. l'alcool t'fera pas craquer, putain, tu peux pas. si j'avais pas bu, il serait là. débat sans fin, débat éternel pour des futilités d'un passé qu'on ne changera pas, d'une douleur qu'on n'pourra plus jamais effacer, d'un frère qu'on n'pourra jamais ramener. mais il a les mots qui te touchent, sunshine. il a les mots qui font autant de bien qu'ils torturent. ça t'déstabilise. il aimerait pas te voir dans cet état. shae, ses prunelles océans qui t'reviennent en tête. merde, non, non et non. tu inspires, fort, tu cherches à t'reprendre. non, ça n'va pas. il voulait une réponse franche ? la voilà, la voici, livrée sur un plateau en supplément. j'y croyais l'autre soir, l'autre matin. j'voulais pas. qu't'insistes, doucement. j'en ai assez, sun, j'veux plus avoir mal. t'avais raison, c'est trop douloureux, c'est trop fort, j'peux pas. tu peux pas continuer comme ça, à douiller, aussi fort. t'en vas pas, cette fois..
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Sun Dalorri

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MessageSujet: Re: à la dérive. (sun)   Dim 15 Avr - 11:25

à la dérive


Il est complètement parti Jaz, dans un autre monde, dans le flou, là où il le suit pas. L'alcool lui a déjà pris trop de choses. Il ressemble à ces camés qui suivent Sun pour avoir un miligrame d'herbe ou de coke, n'importe quoi pour aller mieux. Il dit des choses, y a des mots qui sortent de sa bouche, Sun les entend à moitié parce qu'il veut pas écouter. Il se doute que Jaz les pense à peine pour la simple raison qu'il ne pense pas, il est trop dans le flou pour penser correctement. Il a l'air complètement anéhanti. Sun se doute de la saison principale. Il soupire alors que l'autre le garde contre lui. Ils peuvent pas parler ici, dans ces conditions, alors que l'un d'eux arrive à peine à aligner deux mots. Il essaie de chercher ses yeux mais ils sont perdus derrière trop de brume. Alors il pose ses mains sur ses épaules, le bracelet qui ding ding ding. "Ok ça suffit. Arrête. L'accident c'était pas ta faute. Point barre. Pour le reste, on en parlera demain. T'es beaucoup trop ... loin pour parler."

Une main autour de sa taille, Sun l'aide à se relever. Il sait pas trop comment ils arrivent à marcher encore moins à monter les escaliers qui mènent à son appart. Par un incroyable miracle y a personne dans le salon, tout le monde dort et Ezra est pas encore rentré y a son assiette sur la table. La porte de leur chambre est ouverte mais y a personne dans le lit de Kit. Il n'en sait rien et il s'en fiche. Il laisse Jaz tomber dans son lit et ferme la porte derrière eux. Il pousse un soupire de soulagement. Jaz est une grosse loque ce soir. Il respire, essaye de retenir les mots qu'il a dit. Il sait plus si c'est du mensonge, qu'est ce qui est la vérité, est ce qu'il parle pour lui ou pour Shae. Il sait pas, ça le dépasse un peu. Il vient près de lui pour caresser ses cheveux. "Allez, dors. Cette fois on parlera vraiment demain matin, on est pas en état ni l'un ni l'autre." Assis dans son lit, Sun regarde Jaz. Il est quand même revenu. Le truc c'est que Sun veut qu'on revienne pour lui. Pas pour combler un vide. Il sait en prime que ça serait une mauvaise idée pour eux deux. Il ajuste un peu ces mèches. "J'attends que tu t'endormes et j'vais dormir dans le lit d'Kit. Toi tu fermes les yeux et t'arrêtes de penser." Ca vaut mieux. Ils le savent. Du moins Sun le sait.

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Jaz Sangster

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MessageSujet: Re: à la dérive. (sun)   Dim 15 Avr - 14:17

le brouillard, comme tempête en pleine mer. t'as l'impression d'boire un peu plus la tasse à chaque seconde, d'te noyer un peu plus. tu t'es éloigné. touché, coulé. gosse à la dérive, gosse en plein délire qui n'sait plus se reprendre et donner un sens convenable aux choses. jaz, y a tellement de choses que tu voudrais dire, des choses qui n'sortent pas. t'atteins les limites, celles où tu n'réfléchis plus très bien, où tout est flou, tout n'est qu'brouillé. les mains de sun sur tes épaules, toi qui sursautes comme un sombre abruti. si tu l'dis. c'est tout. c'est tout c'que tu dis, jaz, parc'que t'as pas envie d'dire des conneries, d'te perdre encore, d'le perdre lui à son tour quoiqu'il doit bien l'être, lui aussi, à force.

il t'aide à t'lever, et t'essaies d'faire du mieux que t'es encore capable pour marcher, pour pas être un poids. parc'que c'est c'que t'es. un poids dans la vie des autres. un poids trop important, d'ceux qui s'imposent sans poser de question. tu captes à peine qu'c'est pas chez toi qu'il t'ramène, sun. tu l'captes que lorsque vous passez la porte. qu'est-ce que..? qu'tu souffles, en haussant un sourcil. tu crois avoir loupé un épisode, toute une saison. grosse incompréhension, alors qu'vous traverez la pièce pour rejoindre c'qui doit être la chambre de sun. c'est la première fois qu'tu viens ici, c'est la première fois qu'tu rentres pas chez toi, là où tu sais t'confiner lorsque rien n'va. t'as les yeux rivés au plafond, là. tu cherches à comprendre. y a trop d'choses qui n'vont pas ensemble, qui ne s'assemblent pas. ça t'terrifie. d'accord, on parlera demain. que t'approuves, jasper, en posant enfin tes prunelles sur lui. t'as pas envie d'dormir. t'as pas envie d'fermer les yeux, c'soir. parc'que ça va recommencer ? sûrement. qu'est-c'qu'on fait là, sun ? tu désignes l'appartement, par tes paroles. parce que t'es pas encore con au point de n'pas te rappeler de la bombe nucléaire qui menace d'exploser si les colocs d'sun remarquent qu't'es là, toi, l'pire connard sur terre, toi qui t'joue de sun pour ensuite revenir comme une fleur en t'rendant compte qu't'as merdé. et pourtant, t'obtempères, comme un enfant, à ses mots. tes paupières qui finissent par se clore, et tu luttes, pour les chasser, les pensées sombres d'ta tête embrumée. tu luttes, tu finis par sombrer. la balle est dans le camp de sun, pour ce soir.
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Sun Dalorri

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MessageSujet: Re: à la dérive. (sun)   Dim 15 Avr - 14:40

à la dérive


Ca fait un bail que Jaz n'est plus venu dans cet appart. Y a quatre raisons, les quatre colocs de Sun, sa famille, qui peuvent pas le blairer. Il sait qu'il va encore s'en prendre une d'Ezra, qu'Anja et Kit vont gueuler et qu'Helios va le regarder comme ce qu'il est, une petite merde qui fait une grosse connerie. Il le sait. Ca ne l'arrête pas. Sa BA du jour peut être. Non c'est plus que ça. Il le sait alors qu'il joue avec le bracelet. Il reste à coté de Jaz le temps qu'il s'endorme. Il écoute le reste de l'appart. Il sait que Kit va gueuler parce qu'il va devoir dormir sur le canapé. Il sait que ça va mal finir cette histoire. Mais il ne pouvait pas laisser Jaz repartir. Il le fera demain. Pour se protéger, ça sera demain. Là ce soir, il attend. Il hoche la tête à ces mots, soupire un peu. "Demain. Ferme les yeux endors toi."

Lui il dort pas beaucoup. Il réfléchit. Il pense à tout ce qu'il s'est passé. Il le regarde dormir depuis l'autre coté de la chambre. A un moment il s'assoupit. Et Ezra le réveille quand il rentre, sur les coups de six heures. Il a les yeux troubles, flous, c'est étrange. Il prend une seconde ou deux, change de tshirt, enlève le bracelet qu'il lâche sur la table de chevet. Dans son lit Jaz n'a pas bougé. Il se passe une main dans les cheveux. Ils tournent encore en rond. Il va se réveiller, ils vont parler, pour se dire quoi. Pour que ça dure deux jours avant que l'un deux fasse encore une connerie ? La dernière fois qu'ils ont parlé, Sun a essayé. Il a voulu tenté la chance, il a voulu croire que c'était encore possible, que dalle. Ils peuvent pas avancer s'ils restent constamment sur la défensive et il le sait. Toute façon Jaz avait trop d'alcool dans le sang la veille. Il hésite encore quelques secondes. Puis il lui retire la couverture, un peu doucement quand même. "Jaz lève toi. Faut que tu partes. Tu dois plus être là quand les autres vont se lever." Ils peuvent pas parler. Il a encore en tête les derniers mots de Jaz, ses rejets continues, sa mise au point, son refus d'essayer. Alors tant pis pour lui. "Jaz j'plaisante pas. Faut que tu bouges, tu dois être redescendu maintenant." Et surement ne plus avoir en tête la veille, ce qu'il a dit, les mots que Sun il veut pas entendre. Pas ce matin.

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Jaz Sangster

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MessageSujet: Re: à la dérive. (sun)   Dim 15 Avr - 15:34

demain. c'est si loin et si proche à la fois, selon toi. demain, qui sait s'il changera pas d'avis. parc'que c'est trop simple. tu l'sens. ça sera pas si simple. jaz, la nuit est agitée, ton cerveau t'joue des tours, encore. éternellement les phares aveuglants réapparaissent. même chanson, même mauvaise blague. jaz, c'était pas une bonne idée, ce soir. t'aurais dû refuser, tu s'rais rentré à pied ou bien, que sais-je, p't'être qu'tu te serais endormi au coin d'une rue, p't'être bien. tu te serais levé au p'tit matin et tu serais rentré chez toi, comme si de rien était. mais ça aussi, ça aurait été trop simple.

trop d'complications qui finissent par te monter à la tête, et d'un coup, on t'tire d'ça, de c'bordel permanent. de l'air, une voix. tes yeux qui s'ouvrent brusquement, parc'que c'est pas normal, ça. dans le même élan tu t'es redressé, fronçant les sourcils, tu t'passes une main sur l'visage. putain, tu n'y as pas été de main morte, hier soir. pas tout d'suite, sun. que tu lances, ton regard qui cherche le sien. la soirée d'hier en tête, tes mots francs bien qu'embrouillés par un soupçon de boisson. j'ai pas oublié. tu flancheras pas, pas cette fois. tu t'en fous, des conséquences, tu l'dis, tu dis c'que t'as à dire et si ça n'plait pas, t'auras essayé, au moins. j'étais sérieux. qu't'affirmes.

jaz, tu sais pas pourquoi tu fais ça, pourquoi tu t'acharnes. parc'que d'ordinaire, t'aurais lâché l'affaire, t'en aurais rien eu à caler, tu te serais tiré sans même un merci. mais c'est pas comme ça, avec sun. ça peut pas devenir comme ça. des inconnus. parce que vous êtes tout, sauf ça. j'voulais pas qu'tu te tires. t'as la sensation d'te répéter, désagréable sensation mais tu t'dis que sûrement, il faut passer par là. pour qu'il comprenne, qu'il imprime.
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Sun Dalorri

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MessageSujet: Re: à la dérive. (sun)   Dim 15 Avr - 15:51

à la dérive


Il a toujours eu une tête affreuse le matin, à cause des mèches qui lui retombent sur le visage. Sun lève les yeux au ciel, ouvre le placard de Kit pour lui lancer un tshirt. Il doit partir. Parce que sinon Sun va encore céder parce qu'il le fait toujours en ce moment et il ne veut pas céder. Il veut camper sur ses positions, il veut que cette fois Jaz s'en aille. Il le tire un peu brutalement du sommeil peut être. Il s'en fout. Ils n'ont jamais été du matin. Ils n'ont jamais réussi à rester. Ils n'ont jamais eu de câlins le matin, parce que ça fait trop peur, c'est terrifiant, y a la lumière qui rentre et on voit toutes les conneries de la veille. Hier Sun a été gentil. Seulement on l'y prendra plus. Il en a sa claque d'être gentil pour avoir que dalle en retour. Il en a marre d'essayer tout seul pour se faire jeter la seconde suivante. Il en peut plus de vouloir tenter des choses, d'espérer pour rien parce que ça fait mal. Ils se fixent un moment. J'ai pas oublié. J'étais sérieux. Sun lève les yeux au ciel. C'est pas le moment. "Moi aussi. Sérieusement Jaz, arrête." J'voulais pas qu'tu te tires.

Ca l'énerve. Il sent la colère qui monte parce qu'il le prend pour un con. Il serre les poings. Sun règle ses problèmes tout seul, toujours tout seul comme un grand. Il peut se vanter de s'être sorti de plein de situations de merde, d'avoir toujours remonté la pente. Il a toujours gratté pour trouvé une solution. Tout seul. Personne ne l'a jamais accompagné dans sa vie. Jaz répète les mots de la veille. Ca lui a pris une semaine. Une semaine de retard. Sun a reconstruit le mur. Il a accepté l'idée, que l'autre aille se faire mettre. C'est plus d'actualité. "Ah ouais tu voulais pas. C'est triste hein ?" Et alors. Ca change rien. Lui non plus voulait pas partir. Ils en seraient pas là. Ou p'têt que si. Parce que quoi s'il reste. Quoi. Ils ont quoi. Une nuit. P'têt deux s'ils ont de la chance, s'ils arrivent à s'encadrer plus de vingt quatre heures et c'est même pas sûr. Sun hausse les épaules. "Tu me dis ça, mais qu'est ce que ça change ? Cool, t'es sérieux, tu voulais pas que j'partes. Et tu me dis ça maintenant pourquoi . T'as aligné deux mots, super, on progresse, mais ça change quoi Jaz ?" Il l'a déjà, la réponse. Il détourne les yeux. Croise les bras devant lui. Il se protège. Jaz est une tornade. Il peut pas être embarqué là dedans, il peut plus. "On sait tous les deux comment ça va se passer. Tu vas réussir à me faire croire à tes jolis mots pendant cinq minutes et à la seconde où tu flippes, tu vas te barrer le premier. Et ... et j'en ai marre. Moi aussi j'suis sérieux. J'en ai marre. Donc tu t'en vas et ... et pour de bon." Ca fait mal. Il a choisi. Il ment lui aussi. Il veut pas qu'il parte, bien sûr qu'il ne veut pas. Il veut que Jasper reste. Mais pour de bon. Et il n'a pas cette sécurité. Il a toujours cette putain de peur qu'il peut pas gérer. Le foutre dehors est bien plus simple.

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Jaz Sangster

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MessageSujet: Re: à la dérive. (sun)   Dim 15 Avr - 16:56

un tshirt que t'attrapes à la volée. mais ta décision est prise, jaz. tu veux pas partir avant d'avoir eu une discussion. parc'que la fin est pas écrite comme ça, t'en es sûr. sentier escarpé qu'tu empruntes, sans reculer malgré ta conscience qui te hurle qu'il vaudrait mieux abandonner. encore. toujours. mais t'as trop jeté l'éponge ces derniers temps, jasper. et tu veux pas, cette fois. mais sun, il est fermé, braqué. il veut pas parler. tu lâches un soupir. arrêter quoi ? tu voulais que j'parle, j'parle. qu'tu craches.

la colère qui monte des deux côtés, dans les deux camps. c'est un véritable match de ping-pong, un combat sans fin. c'est à celui qui encaissera le plus de coup, celui qui se laissera aller le premier. et tu t'le promets, jaz, de n'pas craquer, cette fois. de n'pas claquer la porte dans une nouvelle fuite. non. tu n'peux pas fuir, pas cette fois. même si t'as peur, même si ça t'fait trembler intérieurement. tes prunelles lancent des éclairs, ta mâchoire contractée. qu'est-c'qu'il comprend pas, bordel ? c'est quoi ton problème, putain ? qu'tu lances, sans le quitter. la tempête s'organise. orage. ça gronde dans ta tête, ça tourne au gris, au noir. c'est sombre. c'est pas lui, qui était optimiste comme pas deux, y a d'ça une semaine ? jaz, tu l'comprends plus, sun. tu sais plus c'qu'il veut, c'que tu veux. ça doit être pour ça qu't'es là. pour comprendre. pour comprendre pourquoi ça t'terrifie autant. la peur d'l'éphémère. celle qui te paralyse, celle qui t'perd, qui t'entraine dans les profondeurs. j'partirais pas. j'partirais jamais réellement, j'crois qu'c'est ça, qui m'fait peur. cette sensation de n'pas pouvoir t'en défaire, d'y laisser quelque chose, quelque chose d'fort qu'tu veux pas perdre. y a jamais eu d'truc comme ça, avec d'autres. j'aime pas les gens, j'en ai rien à foutre. mais putain, c'est comme ça, toi, j'peux pas en avoir rien à foutre. que tu lui balances, les yeux dans les yeux. jaz, ça t'brûle les lèvres, t'as l'palpitant qui s'affole, l'alerte rouge qui s'déclenche en toi et quand bien même. tu n'faillis pas.
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Sun Dalorri

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MessageSujet: Re: à la dérive. (sun)   Lun 16 Avr - 0:31

à la dérive


Il est trop tôt. Sun sait qu'il devrait lui laisser du temps, un peu de chance de s'expliquer, de parler, comme c'était prévu à la base. Mais il sait déjà comment ça va finir et il ne veut pas de cette fin. Il tourne la tête. Les murs sont fins ça va forcément réveiller un des débiles de l'appart voire carrément les voisins. La dernière fois, Jaz l'a foutu dehors, en dehors de son appart, de sa vie, clairement il n'avait rien à y faire selon lui. C'était foutu dès le départ. Ca fait un moment qu'ils n'ont plus rien à construire, qu'ils se frappent juste de plus en plus en fort, de plus en plus longtemps. Là c'est trop tôt les défenses de Sun ne sont pas prêtes. Il ne peut pas se laisser aller comme ça. Alors son problème, c'est ça. Il peut pas. Il sait pas ce qu'il veut. Y a ce truc là, ce truc au fond de lui qui lui dit que ça serait peut être bien s'ils essaiyaient juste. Il arrive pas à y croire parce qu'il a déjà tenté et ça l'a brisé un peu quand Jaz est parti la première fois. Il supporte pas qu'on l'abandonne. Tout le monde fini par le faire. Pour l'autre il compte les jours c'est tout. Même s'il revient, encore, encore, pour le foutre en l'air encore plus. Tout le monde a raison, le monde entier leur hurle que c'est pas une bonne idée. Il part pas. Il reste dans son lit, dans sa vie. Sun tourne la tête. Il s'est braqué. Parce qu'il sait que ça va forcément finir par foirer cette histoire. Quelle histoire d'ailleurs. Y a jamais rien que qu'un cercle vicieux qui l'a soulé.

Alors ouais cette fois il veut rester. La dernière fois c'était Sun. Ils sont jamais sur la même longueur d'onde, il peut plus le supporter. Il serre les dents. Il n'en a pas rien à foutre et c'est justement ça son problème. Il en a quelque chose à faire de Jaz. Sauf qu'il peut pas lui dire, ça fait trop peur de se livrer. "Tu veux pas partir mais tu peux pas rester non plus. Tu comprends toujours pas ? T'es peut être différent des autres parce que tu comptes mais ... mais y a rien." Il va mentir, se trouver des excuses, des prétextes pour pas en dire plus, pour pas montrer qu'il panique parce qu'il adorerait que Jasper reste pour de bon dans sa vie. Sauf qu'il ne le fera pas. "Tu dis ça, mais ... ça durera pas. Au mieux on va tenir un mois mais on sait la fin Jaz. On le sait tous les deux, parce qu'on est comme ça, on arrive pas à ... à être bien à deux. Seulement j'peux plus ... J'peux plus garder espoir que ça marche, si c'est pour se leurrer. Parce que ... si t'es le seul qui compte ... t'es aussi le seul qui arrive à me faire du mal. Et ça, c'est trop. Faut que ... faut que je me protège aussi ..." Il peut apporter du réconfort à Jaz, le relever du sol. Mais de ce qu'il a vu, l'inverse n'est pas vrai. Ils peuvent se faire trop de mal, jamais du bien. Jamais, jamais. Et il peut plus continuer à ressentir tout ça.

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Jaz Sangster

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MessageSujet: Re: à la dérive. (sun)   Lun 16 Avr - 20:37

tu voudrais bien, toi, avoir une chance de t'expliquer, de lui prouver que vous pouvez déjouer les plans, que l'imprévu et les jolies choses, ça arrive pas qu'aux autres. t'as besoin d'te l'prouver à toi-même. t'as fait une erreur, jaz. tu l'as foutu dehors, la semaine dernière, t'as eu peur, tu t'es senti con. parc'que c'était trop tôt, parce que t'as peur, toi, d't'attacher. tu veux retirer les gants d'boxe qui sèment l'bordel dans votre relation, tu voudrais bien. jaz, t'as eu mal, lorsque la porte a claqué, la semaine précédente, lorsque tu t'es rendu compte qu't'avais tout foutu en l'air. jaz, tu les crois pas avec leurs prédictions, leurs arrêtez vos conneries, c'est du n'importe quoi. parc'que ça n'en est pas, pour toi.

sun te regarde plus, sun il s'renferme et t'apprécies pas, t'aimes pas ça. jasper, tu fronces légèrement les sourcils. qu'est-c'que t'as dit qu'il fallait pas ? tu comptes mais... mais y a rien. comment il peut dire ça ? comment il peut renier tout ? alors comment on fait ? sun, j'veux mettre les choses au clair. parc'que ça compte pour toi comme ça doit compter pour lui, et c'est dur. tu luttes, tu sors les armes, parc'que t'es pas prêt d'abandonner. ok, j'ai une idée. qu'tu lances, pour contrer ses mots, ccontrer ses on arrive pas à être biens. foutaises. conneries. t'as plus confiance, c'est ça ? question franche, qui vient du fond du coeur. t'abandonneras pas. on va faire un marché, si t'es d'accord, évidemment. t'as l'droit de refuser. que tu lui dis, sans sourciller. on a qu'à apprendre à voir si on peut réellement avoir confiance en l'autre et y réfléchir. si on foire, j'te laisserai tranquille. que tu affirmes. j'veux plus te faire de mal sun, j'ai jamais voulu.
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Sun Dalorri

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MessageSujet: Re: à la dérive. (sun)   Lun 16 Avr - 22:07

à la dérive


Si tout se passait bien, ouais, ils pourraient tenter. Dans un monde incroyable et merveilleux, oui ça irait bien. Ils se feraient confiance, ils se feraient que du bien ils tiendraient l'un à l'autre de fou ils arriveraient à rendre concret ce truc qui virevolte entre eux. Dans un monde merveilleux et de conte de fée ils arriveraient à tenir plus de trois jours et ça serait vraiment bien. Sauf que Sun il sait que c'est pas le cas. Il se doute. Il lève les yeux au ciel en l'écoutant parler et se tourne pour ouvrir un paquet de cigarette. Il en allume une. Il est éloigné de Jaz. Il cherche à mettre de la distance même si ça va écorcher son petit ventricule. Il ricane à ces mots parce qu'il arrive pas à y croire. Plus confiance ? J'ai jamais eu confiance Sangster." C'est pas que Jaz. Il a pas confiance en beaucoup de gens. Il donne tellement peu aux autres. Il garde pour lui, sa gueule avant tout le reste. Il reste ancré dans son espace de sécurité pour être sur de ne pas se blesser, ne pas avoir mal à cause de quelqu'un d'autre. Il peut pas c'est trop dur. Et puis en Jaz lui même il a pas confiance parce qu'il peut pas, ce mec c'est pas quelqu'un en qui il peut placer son confiance, ses croyances, ses espoirs. Il le sait. C'est pour que ça que ça foire. Parce qu'aucun des deux ne veut y croire. Il tire de nouveau sur sa cigarette.

Son idée elle est naze il le sait. Il hoche la tête de droite à gauche, il fait non. C'est non. C'est trop, trop tôt, trop mal. Hier le Jaz était complètement fait devant chez lui, la dernière fois il l'a foutu à la porte au petit matin sans crier gare. Tu parles qu'il y croit pas. "On a déjà essayé. Et ça a foiré en beauté, tu te rappelles pas ? Ca sera pas différent cette fois. Parce que j'y crois pas." Il regrette déjà ses paroles, parce que déjà il a envie d'y croire parce que c'est un petit faible, qu'il aurait juste envie d'un peu de douçeur de neige au Sahara sauf qu'il sait que ça n'arrivera pas et ça fait mal. Il est tirrailé entre les deux réponses et il a déjà choisi même si ça sent les regrets et les remords. "C'est déjà foiré. Depuis le début c'est foiré. J'ai pas confiance en toi. Parce que tu me connais pas. Tu sais quelle position je préfère, quelle marque de boxers je porte, celle de mon café, mais après ? Tu sais rien de moi. Et à l'inverse, je sais tout. Comment ça se fait ça ? Comment ça se fait que je vais sur la tombe de ton frère alors que tu sais même pas que j'en ai un ?" Il est injuste. Il lui balance tout ça en continuant de fumer, il lui fait mal, il le cherche, il veut qu'ils arrêtent là. Mais en soit, il a raison Sun. Jaz ne sait rien de lui soit parce qu'il n'a jamais cherché à savoir et deux parce que Sun garde ça pour lui. Parce que ça ne regarde que lui. Il garde en lui ce qui compte, ce qui fait mal. Mais là il veut juste que Jasper foute le camp qu'il puisse pleurer sous la couette. "S'te plaît. Ca sert à rien de s'acharner. Ca vaut pas la peine." Mais si connard ça sert seulement il le voit pas.

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