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 i've been losing so much time (elisabeth)

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Elliott Harrington

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avatar et crédit : milo ventimiglia (fakementine)
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à East Gippsland depuis le : 28/03/2018
métier, études : garde côte - sauveteur en haute mer (a fait ses études de médecine et trois années d'internat en chirurgie)
MessageSujet: i've been losing so much time (elisabeth)   Dim 1 Avr - 22:55

i've been losing so much time
all of the things that i want to say just aren't coming
out right. i'm tripping on words, you've got my head
spinning. i don't know where to go from here


C’est une exclusivité, un nouveau titre qui passe à la radio, mais Elliott n’y porte pas attention. Il revient des bureaux de justice de Paynesville, la grande ville la plus proche, où il a été assigné à comparaitre, juste pour vérifier qu’il n’a pas quitté le pays, qu’il n’a pas fuit face à ses responsabilités civiles. Le jeune homme peut être idiot, c’est vrai, mais pas dans des situations aussi sérieuses que celles-ci. C’est donc l’esprit ailleurs qu’il revient vers East Gippsland, tel un automate qui parcours tranquillement une route qu’il connait comme sa poche. Mais cette fois-ci, l’australien ne fait pas attention alors qu’il vient d’entrer dans une zone où les kangourous gambadent plus fréquemment d’ailleurs. Une zone longue de cinq miles, et il ne suffit que de quelques minutes pour qu’il percute quelque chose avec l’avant de sa voiture. Harrington s’arrête automatiquement, défait sa ceinture et fait le tour de sa voiture pour inspecter les dégâts. Non pas matériels, mais bien peut infligés à la bête. Il peste à voix haute.  Déjà qu’il a une mort humaine sur la conscience, c’est pas aujourd’hui qu’on va lui foutre celle de cet animal en plus. « Aller mon gars, tiens bon. » se laisse-t-il à indiquer à la bête. Une légère tache de sang au sol ne laisse pas de doute quant à la blessure de l’animal. Mais c’est chirurgien qu’il était le jeune homme, pas vétérinaire. Son esprit fuse dans tous les sens, à la recherche d’une solution temporaire qui pourrait faire effet au kangourou. « Est-ce que tout va bien ? Je peux vous aider ? » Une voiture s’était arrêtée sur le bas côté, il l’avait à peine remarquée. « Oui, vous pouvez appeler un vétérinaire, s'il-vous-plait. » le sauveteur est directif. Alors qu’il analysait l’animal, se questionnant sur ce qu’il pourrait faire pour le maintenir en vie en attendant les spécialistes, il se tourne enfin vers la jeune femme inquiète. Son cœur rate un battement et c’est tout son univers qui semble tourner à l’envers. Il aurait dû la reconnaitre rien qu’à ce timbre particulier, mais c’est une voix dont il rêve souvent et qu’il entend partout, un songe qui raisonne en lui telle une oasis où se hâterait un assoiffé en plein désert. Seul un contact visuel pouvait lui confirmer sa présence, et encore, la paroi entre illusion et réalité était mince. Il aurait voulu tendre le bras, laisser sa paume envelopper le contour de sa mâchoire pour se rendre compte, se débarrasser de ses doutes. Il se retient, il est même figé. Si c’est elle, que fait-elle ici ? Ses lèvres sont entrouvertes, suspendues à une beauté qui n’a pas quitté celle qui autrefois portait la promesse d’une union à venir à son annuaire.
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Elisabeth Perkins

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MessageSujet: Re: i've been losing so much time (elisabeth)   Lun 2 Avr - 14:24


   
I'VE BEEN LOSING SO MUCH
ELLIOSABETH
Ce qui est bien quand on arrive dans une nouvelle ville en plein milieu d'une année, surtout quand on est professeur, c'est qu'on prend tout de suite du service. Nous sommes arrivé un dimanche après-midi et voilà que j'étais déjà partis chez mes parents, le laissant se débrouiller avec nos affaires. D'ailleurs, en rentrant, c'était mes cartons non défaits que j'avais trouvé dans la chambre. J'ai d'abord eu peur, mais on venait seulement d'arrivé, il ne pouvait pas déjà me mettre à la porte. Il m'a juste dit qu'il ne savait pas où je voulais ranger mes affaires, ni comment. J'ai été soulagé. Je ne sais même pas pourquoi j'ai eu ce sentiment. C'est comme si d'un côté j'attends qu'il me laisse tomber et d'un autre côté, j'espère qu'il va rester auprès de moi puisque ses bras sont rassurants quand je m'endors. Dès le lendemain, j'ai pu aller à l'université, y passer de longues heures pour ne rentrer que tard le soir. Cette distance avec mon mari me jouera des tours mais j'aime jouer avec ses nerfs.

Aujourd'hui, je ne donne pas de cours dans l'après-midi, parfait pour moi pour sortir de la ville. D'ailleurs, j'ai un rendez-vous avec une vieille amie qui a déménager dans une petite ville à côté d'East Gippsland. Décidément, je suis plus souvent hors de chez moi. Oliver m'a dit que je semblais fatiguée à cause de la route et du travail, mais ce n'est pas pour ça que j'ai envie de passer une après-midi dans le canapé devant des feuilletons plus ou moins débiles. J'ai besoin de sortir, j'ai toujours eu besoin de ça. Et là, revoir mon amie me fera du bien. J'attrape les clés de la voiture et quitte la maison sans le moindre baiser pour mon mari. Ce sont des petits gestes du quotidien qui pourrait nous aider à tenir debout mais, je n'ai plus envie de prendre du temps pour les faire. Alors que lui, à chaque fois qu'il part, il m'embrasse, il me dit de passer une bonne journée. Je devrais faire des efforts. Nous sommes distants depuis des mois mais depuis mon retour ici, c'est pire. Au final, je ne sais pas si être revenue ici est une bonne idée. Je suis le genre de personne à refuser un restaurant parce qu'on y était aller il y a des années avec l'homme qui fait toujours battre mon coeur. Je ne veux pas perdre ce souvenir pour le remplacer par un avec Oliver. Je sors de la place de parking devant la maison et roule. La voix féminine du GPS me dérange alors je monte un peu plus fort le son de la radio. Un classique de la musique américaine me fait chanter à tût tête puis c'est le silence quand une nouvelle chanson sort des enceintes. Ayant des paroles inconnus, je suis dans l'incapacité de chanter. Cependant l'air reste dans la tête alors même quand les publicités se font entendre, je chantonne toujours cette mélodie. Je baisse le son lorsque je suis sûre que le gps ne dira rien à cause d'une grande ligne droite. Je roule doucement, c'est une partie de goudron presque perdu dans la nature australienne donc il n'est pas rare de croiser un animal. Mon père avait eu un accident avec l'un d'entre eux il y a bientôt vingt ans. Petite, j'étais terrorisé dans les bras de ma mère.

Une voiture arrêtée sur le bas côté. Instinctivement, je regarde le siège conducteur, personne. En me rapprochant, je ressens comme une intuition, celle de m'arrêter. Mon coeur se resserre tout seul, j'ai l'impression que je vais m'évanouir, alors je ralentis. Ralentir jusqu'à ce que je m'arrête et que je coupe le moteur de mon voiture. Je sors de la voiture, l'air me fait du bien même si la chaleur est encore pesante pour cette période de l'année. Je m'avance vers le véhicule, regarde doucement derrière celui-ci et vois un homme penché sur un animal. Mon corps se raidit et j'ai l'impression de revenir des années en arrière. Je pourrais repartir, il ne m'a pas vu, mais il a l'air démunis face à la situation alors je commence à parler en tenant mon téléphone en main « Est-ce que tout va bien ? Je peux vous aider ? » Il ne perd pas de temps pour me répondre. Alors que je commençais à ouvrir l'application pour appeler sur mon téléphone, je reste bloquer en entendant sa voix. Non, ça doit être la chaleur qui me fait perdre la tête. Je me reprends pensant à un mirage pour appeler un ancien vétérinaire que je connaissais à l'époque, espérant qu'il existe toujours. Puis il tourne son visage vers moi. Alors qu'on me répond de l'autre côté de la ligne, je suis incapable de dire un seul mot. On reste quelques secondes à se regarder dans les yeux, moi rêvant. Il a vieillit mais il n'a pas changé. Comment il a fait pour être toujours le même ? J'ai l'impression que je vais pleurer alors je me retourne, il ne peut que voir mon dos, c'est la seule façon de me concentrer sur l'homme qui commence à s'impatienter. Je lui parle, il me demande des informations sur les circonstances de ce qui me semble être un accident. Je suis incappable de lui dire ce qu'il veut entendre alors je me retourne à nouveau vers Elliott. Je manque de tomber par terre car mes jambes me font perdre l'équilibre quand je m'avance vers lui. Je lui tend le téléphone « Tu peux mieux lui répondre que moi ». Mon bras tremble légèrement à l'idée d'un rapprochement physique de nos corps.

   
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MessageSujet: Re: i've been losing so much time (elisabeth)   Lun 2 Avr - 16:15

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Il y a des rencontres qui vous marquent au fer rouge. Elisabeth fut l’une d’elles. Une marque si profonde qu’elle atteint son âme et le brisa en mille morceaux. Ce n’était pas comme ça que ça devait se passer. Ce n’est pas ce que l’histoire avait prédit. Ces deux-là devaient se marier. Ces deux-là devaient s’aimer sans avoir besoin de le dire. Ces deux-là, c’était une évidence qu’aucun de leur proches n’a jamais contesté. Elisabeth et Elliott, c’était écrit dans les étoiles, un secret que l’univers détenait. Mais ces deux-là se sont déchirés. Une seule et unique fois. Une dispute, un torrent ravageur qui a tout emporté sur son passage, jusqu’aux affaires de la belle, disparue le soir-même, ne laissant derrière elle que son souvenir. Une réminiscence constante et pesante, lourde de huit années dans la mémoire du jeune homme. Sa vision dans son sillage comme une fausse note lors d’une représentation au conservatoire. Quelque chose qui cloche, quelque chose d’improbable, et cette question qui lui brûle les lèvres. “Qu’est-ce qu’elle fout ici ?” Le jeune homme cligne des yeux pour tenter de revenir à la réalité, d’envoyer hallucination au loin. Mais elle est toujours là, elle interagit même avec lui. Elle a suivi sa demande, elle a appelé un vétérinaire, assez rapidement d’ailleurs, mais voilà qu’elle lui tend l’appareil. Elle aurait pu le mettre en haut-parleur, mais non, elle le lui présente bien dans sa direction, et le contact physique va être inévitable. Le jeune homme se redresse quelque peu sur ses appuis pour arriver à joindre le téléphone du bout des doigts. Le choc électrique est fatal et des frissons s’éparpillent à travers tout son corps. Il ferme les yeux deux secondes pour se reprendre, avant de se retrouver sa position auprès du kangourou et de porter le téléphone à son oreille.

Une des grande capacités d’Elliott a toujours été sa force de concentration et de réflexion en situation stressante. Du temps de son internat en chirurgie déjà, le jeune homme faisait preuve d’une agilité incroyable, ses mouvements semblaient toujours suivre ce que son cerveau lui dictait, peu importe si le patient hurlait à la mort au moindre mal ou si les idées des autres médecins fusaient autour de lui. Quelqu’un d’appliqué et de méticuleux qui parvenait même à intercepter les informations importantes jetées autour de lui. Par la suite, à travers son métier de sauveteur, ce sont les réflexes de survie qu’il a acquis, entre les bons gestes à adopter et les paroles rassurantes à prononcer pour mettre la personne en confiance, à nouveau il excellait. Cette fois-ci pourtant, ses grandes compétences semblent aux abonnées absentes, et Elisabeth n’y est pas pour rien. Il doit s’enfermer dans sa bulle pour répondre correctement au vétérinaire qui est à l’autre bout du fil. « Oui, allo… » Il lui fait état de la situation, de l’animal qui est sur son flanc et qui ne bouge que par intermittences, plus par peur et envie de s’enfuir qu’autre chose, mais que la douleur cloue sur place, l’empêchant de retrouver sa liberté. Le médecin à l’autre bout du fil lui conseille de poser un linge propre sur la plaie en attendant qu’il arrive, afin d’éviter qu’il se vide de son sang. Un réflexe qu’il aurait lui-même pu avoir s’il n’avait pas été perturbé. Mais Elliott a mieux qu’un linge propre dans sa voiture, il ne part jamais bien loin sans une bonne trousse de secours. Une main au téléphone, l’autre sur l’animal, il n’est pas libre de ses mouvements. Il a besoin de l’aide d’Elisabeth qui est toujours plantée là. « Tu veux bien aller dans mon coffre ? » lui demande-t-il sans vraiment la regarder, plutôt focalisé sur le coffre de la voiture en question. Il lui balance des banalités, se focalisant sur la situation, simplement parce qu’il est incapable de lui sortir quoi que ce soit d’autre. « Il y a dans la trappe sur la droite une… » il n’a pas besoin de terminer sa phrase. Elle sait ce qu’il veut. Elle sait qu’il a toujours eu ce genre d’outillage avec lui, au cas ou… Elle ouvre la mallette et l’interroge du regard sur la suite. « Les compresses. » lui indique-t-il. C’est au même moment qu’il se rend compte qu’il n’a plus d’interlocuteur au bout du fil, qu’il lui a signalé qu’il prenait la route pour les rejoindre et qu’il lui faisait confiance pour garder la situation stable d’ici là. Harrington attrape les compresses gazéifiées que son ex lui tend et les pose délicatement mais fermement sur la plaie de l’animal. « Il est en route, il n’y a plus qu’à attendre. On n’a pas besoin d’être deux, tu peux y aller si tu veux. » lui indique-t-il tout en lui rendant son téléphone, mais toujours sans vraiment croiser son regard. L’amertume commence à lui monter à la gorge, et ça n’annonce rien de bon. Il vaut mieux qu’elle s’en aille tant qu’ils n’ont pas fait plus de dégâts.
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Elisabeth Perkins

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MessageSujet: Re: i've been losing so much time (elisabeth)   Lun 2 Avr - 16:58


 
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Ma mère adorait Elliott. Quand il venait à la maison, elle lui faisait un gros repas, comme si elle avait peur qu'il meurt de faim et qu'il ne veuille plus revenir. Elliott a toujours été le gendre parfait pour elle. Mon père, bien que d'habitude, il ne prenait pas la parole pour donner son avis sur ce que je faisais, il ne regardait pas Elliott du même œil. Je n'avais jamais eu de petits amis auparavant alors il devait se dire que j'étais toujours son enfant, sa petite princesse. Maintenant j'avais le coeur entre les mains d'un homme. Il pouvait avoir peur qu'il me fasse souffrir. Au final, c'est moi qui l'est fait souffrir. A l'annonce de notre séparation, ma mère est tombé des nus, mon père a voulu aller le frapper, le pensant responsable de mes larmes. Je me rappelle leur avoir dit qu'il n'y était pour rien, que tout était de ma faute. La chose qui avait été si simple à dire à Elliott ne l'était pas pour mes parents. Comment avouer à ma mère que j'avais été voir ailleurs alors que j'avais l'homme le plus gentil à mes côtés, elle qui m'avait toujours enseigné d'être fidèle, elle qui détestait les hommes qui trompaient leur femme. Là, dans l’histoire, c'est la femme qui a trompé l'homme et j'étais honteuse. Mes parents n'aiment pas Oliver, tout comme moi, même si je lui donne le peu d'amour que j'ai à donner. Oliver ne passe que très rarement à midi dans ma famille, ma mère n'a pas envie de lui faire un gros repas, pas à lui. Même si je ne lui ai jamais rien dit sur notre dispute avec Elliott, je suis sûre qu'elle s'est toujours douté de quelque chose. Ca avait été rapide entre Elliott et après Oliver. Elle a continué de m'aimer mais j'avais l'impression que c'était différent. Elle prenait toujours mon partie dans la quelconque dispute, après, elle a arrêté de le faire, disant que c'était pour m’endurcir. Elle n'a juste jamais accepté notre séparation avec Elliott. Chose très drôle, à mon mariage, elle m'a fait une réflexion sur Elliott, au moment où je ne m'y attendais pas. Elle me disait l'avoir croisé en ville une fois, il était bien habillé, comme s'il allait au même genre d’événement qu'un mariage et qu'elle l'aurait plus vu à m'attendre à autel plutôt qu'Oliver. J'ai fondu en larmes. Il y a eu plusieurs mois entre mes fiançailles et mon mariage, je n'étais jamais sûre de vouloir faire ça puis je m'étais lancé, essayant d'oublier Elliott, essayant d'aller de l'avant et voilà qu'en trente secondes, elle m'avait remis en place. Ce n'était pas le genre de mariage que j'aurais voulu même si Oliver avait tout fait pour me faire plaisir. Je ne lui avais pas donné toutes mes attentes puisqu'elles étaient les même que j'avais donnée à Elliott. Ma nuit de noce n'a pas été la meilleure nuit de ma vie et c'est presque comme si je la regrettait aujourd'hui.

En voyant Elliott, il y a beaucoup de choses qui me reviennent à l'esprit. Nos nuits, nos caresses mais aussi nos disputes et surtout celle qui nous a été fatal. Près de lui, après toutes ses années où j'ai tout simplement rêvé être qu'à ses côtés, je perds mes moyens. Je ne sais pas ce que je dois faire, ce qu'il doit faire. Je lui donne le téléphone, le mettant dans toute ma main pour espérer qu'en le prenant, ses doigts allaient touchés les miens. J'ai eu faux. Moi c'était presque inconscient la position de ma main, lui, c'était recherché, j'en suis sûre. Il ne voulait pas me toucher. Les larmes me montent aux yeux lorsqu'il reporte son attention sur l'animal. Là, plantée, debout, j'ai envie de partir mais c'est comme si une force extérieure à moi m'empêche de faire le moindre pas. Maintenant que je suis devant lui, je ne veux pas fuir. Je ne suis plus la même personne, je veux lui montrer. Je l'écoute qui parle au téléphone. Sans me regarder, fuyant à nouveau le contact de nos yeux, il me demande d'aller voir dans son coffre pour trouver sa trousse de secours. Il ne finit pas sa phrase que je commence déjà à partir. C'est fou, même avec toutes ses années, on se comprend toujours. Bien sûr que ça me donne espoir mais c'est une banalité, quelque chose qu'il a toujours eu dans sa voiture, comme s'il me demandait d'aller chercher la roue de secours, même sans savoir qu'il en a eu, on pense supposer qu'il en possède une puisque tout le monde en a une. J'ouvre cette fameuse trappe. Il m'autorise à toucher à ce qui lui appartient ? Qu'est-ce que je peux avoir l'air conne, sérieusement, c'est un moment critique, j'aurais été une inconnu il m'aurait demandé de faire la même chose. Il s'en fiche complètement que ce soit moi. J'attrape la trousse de secours et mon regard se fixe sur ma bague qui, avec le soleil brille. Il va savoir, s'il fait attention il va savoir et je n'ai clairement pas envie qu'il sache. Je reste quelques secondes à regarder cette fichue bague, beaucoup moins jolie que celle de Elliott bien que plus chère. Il m'a acheté avec ce diamant. Puis je reprend mes esprits, je l'imagine déjà s'impatienter comme il pouvait l'avoir déjà fait quand nous étions ensemble, peut-être comme cette fois où il réparait l'évier et qu'il me demandé des outils, j'étais incapable de lui donner le bon, il s'impatienter même si c'était fait dans la bonne humeur, là c'est fait dans l'urgence. Je reviens vers lui, posant sa trousse par terre, me penchant sur celle-ci. Comme toujours, je ne sais pas ce qu'il faut que je lui donne alors il m'indique qu'il a besoin des compresses. J'ouvre la trousse et j'en sors pour lui donner. Comme une imbécile je souris en le voyant faire, le chirurgien, il doit avoir fait ça des centaines voir des milliers de fois sur des êtres humains, le faire sur un kangourou ne lui fais pas peur. Sa phrase me fait l'effet d'une claque en pleine figure. Il y a d'abord le ton de sa voix qui ne me donne aucune sympathie et il y a rien que les mots. Juste le verbal qui me dit que je peux partir. Je me redresse. « Je veux rester pour savoir si il va s'en sortir » Je crois que je n'aurais jamais pu sortir une phrase aussi bête que cela, il doit croire que niveau intellectuel, j'ai régressé. Ce n'est pas en restant ici que je vais savoir si l'animal va s'en sortir puisque le vétérinaire va sûrement le prendre pour l'opérer ou quelque chose comme ça, mais j'ai envie de rester auprès d'Elliott. C'est comme du suicide car sa voix m'a fait comprendre qu'il ne veut pas que je reste. Je souffle. Il a sûrement raison, je devrais partir, j'avais une amie à voir, puis, c'est à peine s'il me regarde. Debout, tant qu'il a le dos tourner, j'essaie désespérément d'enlever ma bague en espérant la perdre dans le désert, mais elle ne s'enlève pas, mes mains sont moites à cause de la chaleur ou juste de la situation. « Tu veux que j'aille remettre ça dans ton coffre ?» demandais-je en tapant doucement dans la trousse avec le pied pour attirer son attention. « Le vétérinaire aura sûrement la sienne, il ne faudrait pas mélanger vos affaires. » Toujours aussi stupide comme réflexion mais s'il accepte, je pourrais rester quelques secondes de plus avec lui, comme si juste quelques secondes vont faire qu'il va mieux me parler.

 
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MessageSujet: Re: i've been losing so much time (elisabeth)   Mer 4 Avr - 13:08

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Les deux adultes semblent échanger en symbiose. Elisabeth s’exécute en comprenant parfaitement ce dont il a besoin, et c’était quelque chose de rassurant à l’époque. Cette faculté de se comprendre, d’être sur la même longueur d’ondes et de ne pas avoir besoin de se parler pour se comprendre, ça les a sauvé à maintes reprises. C’est même ce qui faisait leur marque de fabrique et l’admiration de tous leurs proches. Elisabeth et Elliott avaient chacun trouvé leur perle rare, voilà ce qu’on n’avait de cesse de leur répéter. S’y cramponnaient-ils sans vraiment y croire eux-mêmes ? Parfois, on se dit que les autres ont raison, parce qu’ils voient leur couple de l’extérieur, parce qu’ils sont plus objectifs qu’eux. ça l’avait certainement rassuré, Elliott, à l’époque, de savoir qu’il semblait mériter la magnifique femme qui se tenait à ses côtés, alors il avait fini par s’y habituer. À en croire les autres, ils donnaient réellement cette impression de couple parfait, et pourtant, ce n’était pas un jeu que les deux jeunes se donnaient à jouer, ils étaient eux, ils étaient naturels, ils n’ont jamais joué la comédie. Et pourtant à l’époque, ça semblait parfois dénoter aux oreilles de l’étudiant en médecine. De son côté, il semblait parfois manquer d’investissement, les déclarations d’amour se faisaient rares, il se réconfortait en se disant qu’elle savait qu’il l’aimait sans avoir besoin de le lui dire. Quand elle lui a avoué l’avoir trompé le soir de leur rupture, évidemment qu’il s’est remis en question. Comment passer à côté ? Il avait fait le tour de leur relation et les raisons lui étaient alors parues évidentes. Assurément que Lizzie avait douté de son amour et des marques de celui-ci et pourtant, il l’aimait d’un amour vrai et sincère. Ce qui lui avait certainement manqué ? La passion, l’attachement, les petites disputes, la surprise, l’émerveillement. Ils s’étaient bien trop vite ancrés dans une monotonie sans fond.

Elle va finir par l’agacer si elle persiste à vouloir rester. L’envie lui prend déjà de lui signaler que ce n’est pas maintenant qu’elle doit rester, mais que ça aurait été préférable il y a huit ans. Il ravale une boule de bile acide qui lui écorche l’oesophage. Pourquoi ne fuit-elle pas ? Une nouvelle question qui stationne dans sa tête. Elle semble nerveuse et se triture les doigts. C’est une habitude qu’elle n’a pas, comme quoi les gens changent avec le temps. Mais cela attire le regard du jeune homme vers son annuaire, et si elle ne lui a jamais rendu l’anneau qu’il lui avait offert, celui-ci n’est clairement pas le sien. À nouveau, le sauveteur ravale sa salive et détourne le regard. « Oui, tu peux aller la remettre. Merci. » Ceci lui octroierait une bonne minute de répit tout au plus. À quoi s’attendait-il ? La recroiser après presque dix ans et que rien n’ait changé ? Qu’elle revienne comme une fleur et qu’il lui pardonne ce qui lui est resté sur le soeur ? Elisabeth revient dans son sillage et la vague de questions lui brûle à nouveau les lèvres. Cette fois, il ne peut les retenir. « Pourquoi tu es là, Ellie ? » Il s’en veut de s’être adressé à elle par ce surnom et il jure intérieurement. « Je veux dire à East Gippsland ? Tes parents vont bien ? » À ce qu’il sache, ils sont toujours dans la région, et sauf si elle l’a évité à chaque coup, elle n’est plus revenue ici pour eux depuis huit ans. Comme si elle avait tout abandonné pour l’éviter comme la peste.
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Elisabeth Perkins

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MessageSujet: Re: i've been losing so much time (elisabeth)   Ven 6 Avr - 11:09


 
I'VE BEEN LOSING SO MUCH
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Il avait un beau sourire, accoudé à l'autre extrémité du bar. J'étais complètement perdue suite à ma dernière dispute avec Elliott. C'est fou qu'en y repensant, si j'étais rester à l'appartement ce soir-là, si je n'avais pas levé les yeux sur cet inconnu, tout ça ne se serait pas passer comme ça. Je serais la femme d'Elliott, on aurait pleins d'enfants. Si seulement j'avais eu le courage de lui tenir tête, si je n'avais pas fuit comme à mon habitude. Je suis sûre qu'il aurait finit par me prendre dans ses bras, il se serait excuser et on aurait oublié cette dispute. Cependant, j'ai tourné les talons et triste j'ai quitté l'appartement à la recherche d'un endroit attrayant pour essayer d'aller mieux. J'ai erré dans les rues de la ville pendant plusieurs minutes, j'aurais dû continuer de marcher et ne pas m'arrêter devant la porte d'un bar. Mais j'avais envie de boire, de me vider la tête. J'ai l'alcool mauvais alors c'est comme si je voulais être soûle pour avoir le courage de faire face à Elliott en retournant à l'appartement. J'aurais dû boire jusqu’à devenir mauvaise, me faire virer du bar, il serait venue me chercher. Non, au lieu de ça, j'ai juste bu un verre, j'ai croisé le regard de celui qui me fixer sûrement depuis mon arrivée et nous avons parlé toute la soirée, oui, parler, jusqu'à ce que le bar ferme. Il m'a offert un ou deux verres de plus mais j'étais encore consciente de ce que je faisais, j'avais toute ma tête. Il avait des mots doux, il essayait de me faire rire parce que je lui avais avoué que je n'allais pas bien. Bêtement j'ai été séduite par ses paroles et j'ai commis l'irréparable. A vrai dire, au début, il me proposait juste de rentrer chez lui. Un peu naïve j'ai accepté. Je pensais qu'il allait m'offrir son canapé pour que je dorme dessus, pour qu'après je puisse rentre chez moi en pleine forme. Mais non, il m'a embrassé et je ne l'ai pas repoussé.

Lorsque j'y repense, je me dis que j'ai gâché toute ma vie. Par la suite je me suis marié avec cet inconnu parce que je n'ai pas réussis à admettre que j'avais trompé mon fiancé. D'accord Elliott n'était pas forcément l'homme parfait puisqu'il n'existe pas. Il avait des défauts et des qualités, c'était ce mélange qui construisait mon amour pour lui. Peut-être qu'il aurait dû en faire plus à l'époque mais moi j'aurais dû en faire moins. Si ce soir là, un petit truc avait était différent, je ne serais pas bloqué dans une vie que je n'aime pas. Il y a beaucoup de chose qui fait voir au monde que je n'aime pas être avec Oliver. Je ne souris pas en sa compagnie, même en public, on ne se tient pas la main, on a un rituel du matin et du soir pour essayer d'être un couple normal, j'attends qu'une chose c'est qu'il s'énerve pour fuir et repartir avec l'homme que j'aime vraiment. Mais le plus flagrant, c'est le fait que je n'ai pas eu d'enfant avec lui, en huit ans. J'adore les enfants, j'en avais toujours voulu avec Elliott, je lui en avait parlé une fois, pour rire puisque nous étions jeune mais il y avait un côté très sérieux à ce que je disais. Je ne veux pas de descendance avec Oliver, je préfère m'éteindre sans que personne se rappelle de moi plutôt que d'avoir un enfant avec lui. Pourtant, lui, il en veut avec moi.

En face d'Elliott, je repense à tout ça, à notre dispute, à ce soir où j'ai été une ordure à ses yeux. J'aimerais tellement que les choses changent, qu'on oublie tout ça. Mais comment ? Aucun de nous n'a de supers pouvoirs à moins qu'il ne me l'ai jamais dit. J'essaie au maximum de rester avec lui, je ne sais pas pourquoi j'aime me faire autant de mal. Il a changé mais par son regard j'ai l'impression qu'il est le même qu'il y a huit ans. Il ne me regarde pas avec colère, quoique, mais ça se voit qu'il n'a rien oublié. Peut-être que je devrais l'écouter et partir. Si je l'ai croisé une fois, je le recroiserais une deuxième fois. Même si j'ai envie de pleurer à cause de la distance entre nous, à cause de cette bague qui ne veut pas s'enlever comme si je suis prisonnière de mon mari pour toujours, je souris parce que je suis contente de le revoir. Il a l'air de bien se porter, en apparence, alors je suis contente. Peut-être qu'il est passé à autre chose, que lui aussi à une nouvelle vie. A cette pensée, je sens mon corps se raidir alors j'en profite pour m'occuper l'esprit pour aller remettre la trousse de secours dans son coffre. J'attends quelques secondes, dans ma jalousie à l'idée qu'une autre femme a plus de droit sur lui que moi. C'est totalement égoïste de ma part parce que moi j'ai refais ma vie… Enfin, si j'avais su. Quand je reviens, il me pose une question qui me perturbe. Je réfléchis quelques secondes à la réponse que je peux lui donner. Vraiment, je suis revenu pour lui, dans l'espoir de le revoir, dans l'espoir qu'il m'aime encore. Mais c'est impossible de lui dire. Puis son Ellie. Il n'y a que lui qui m'appelle comme ça. C'est vrai, dans tous mes amis, j'avais refusé ce surnom, ils en ont tous trouvé un autre. Je voulais qu'Ellie reste rien qu'à nous, surtout que ce surnom marche pour tous les deux, on s'en amusait. Cela fait maintenant huit ans que je ne l'avais pas entendu et à l'écoute, mon coeur saute un battement. Il ne me laisse pas le temps de répondre, peut-être parce que je met trop de temps à me remettre de ce surnom, à réfléchir pour un mensonge à lui donner. Il me demande si mes parents vont bien. Oui, il est toujours le même, à prendre soin de toutes les personnes qu'il connaît. « Oui… Oui, ils vont bien. C'est juste qu'on m'a muté ici pour le travail, leur professeur d'histoire est enceinte et on était trop à Melbourne. » Il est trop intelligent, il va tout de suite comprendre que c'est faux. « Et toi ? Tu n'as pas bougé d'ici ? »

 
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